Les courts-métrages > Alger la blanche

  • Réalisé par : Cyril Collard
  • France / 1986 / Drame / 28 min

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Synopsis : Le suicide de Farid, un adolescent d’origine algérienne, provoque des réactions violentes au sein de son environnement familial et de ses amis, parmi lesquels son ami Jean, avec lequel Farid entretenait des relations homosexuelles.

 

Prix du Public & Prix Canal + à Clermont-Ferrand, Grand Prix & Prix de la Presse à Tours, Prix du Jury à Lille…
En 1987, ce court-métrage est nommé au César du meilleur court-métrage de fiction.

Cyril Collard
Cyril Collard est né le 19 décembre 1957 dans le seizième arrondissement de Paris. Il est élevé dans une famille bourgeoise et sans histoire, son père étant un ingénieur passionné par le judo et sa mère, une femme au foyer. Bon élève, il suit des études à l’école Saint-Exupéry de Versailles puis au collège de Passy-Buzenval à Rueil-Malmaison. Pour correspondre aux rêves de ses parents, après avoir obtenu son Bac, il suit des études à l’Institut industriel du Nord (actuelle Ecole centrale de Lille) à partir de 1977 mais le jeune homme ne rêve que d’une chose… Faire du cinéma ! Il aime aussi écrire et propose ses textes à une revue d’étudiants, « Le Fourre-tout ». Finalement, ce monde des ingénieurs ne lui correspond pas et Cyril Collard décide d’abandonner ses études à Lille et de revenir à Paris en 1979. Il touche alors un peu à tout : la publicité, le courtmétrage, l’écriture, la musique mais c’est surtout le cinéma qui l’attire. Il est à l’époque l’un des rares artistes à évoquer sa bisexualité et va malheureusement contracter le virus du Sida lors d’un voyage à Puerto Rico. Cette maladie avouée va l’entraîner dans une spirale fatale.  Il va travailler avec Maurice Pialat en tant qu’assistant-réalisateur sur deux films : « Loulou » et « A nos Amours ». Dans ce film, il va interpréter Jean-Pierre, un garçon doux bien que Cyril Collard soit à l’intérieur dévoré d’envie de vivre et assez difficile parfois. Pourtant, Cyril Collard a la bougeotte et il est incapable de se fixer sur un seul domaine. En 1983, Cyril Collard réalise un court- métrage, « Grand Huit » en noir et blanc, l’histoire d’Abdel qui est tué à bout portant par un policier dans une usine désaffectée.
Puis ce sera le tournage du clip de « Maria Teresa » avec Sandrine Bonnaire dans le rôle principal et la même année, en 1985, Cyril Collard va réaliser un autre courtmétrage, « Alger la Blanche », film primé treize fois dans le monde. Cette fiction raconte l’histoire de Farid, adolescent tourmenté qui a une relation homosexuelle avec Jean et qui finira par se suicider. En 1989, il publie son livre « Les Nuits Fauves » qui est un best- seller. Deux ans auparavant, « Condamné amour » était paru chez Flammarion. Il fait ensuite tourner Guillaume Depardieu dans « Taggers » en 1990, devenu un courtmétrage culte aujourd’hui. En 1992, il adapte « Les Nuits Fauves » au cinéma en mettant au point le scénario mais aussi en composant la musique du film. C’est son amie qui a l’idée d’engager Romane Bohringer pour jouer Laura, une jeune fille amoureuse d’un bisexuel séropositif et elle sera époustouflante dans ce rôle. Dans ce film, Cyril Collard va se mettre en scène lui-même. C’est l’histoire de Jean, 30 ans, qui vit une passion amoureuse avec Laura, âgée de 17 ans. La passion romantique de Laura et la menace qui pèse sur la vie de Jean vont l’aider à aimer les autres et à aimer la vie.

Cette oeuvre à la fois violente et brutale mais sensible et passionnelle a recueilli de nombreux prix tout en déclenchant de nombreuses polémiques à l’époque. Cyril Collard n’aura pas le temps de venir chercher ses récompenses (quatre César dont celui du meilleur film). En effet, il va s’éteindre du Sida le 5 mars 1993 à l’âge de 35 ans. Suite à son décès, Arte va annoncer la création du Prix Cyril Collard destiné à récompenser le réalisateur d’un premier film francophone avec une dotation de 200 000 Francs pour permettre au lauréat d’écrire et de réaliser un second long-métrage. Deux autres ouvrages de Cyril Collard vont être publiés à titre posthume : « L’Ange sauvage » et « L’Animal ». La principale oeuvre de Cyril Collard demeure « Les Nuits fauves », film tourné au Maroc et à Paris. Il y évoque l’évolution de la maladie, ses symptômes, le monde hospitalier, mais aussi l’homosexualité et la drogue. Dans son film, Cyril Collard raconte son histoire en insistant sur la fuite du temps et en nous faisant partager toutes les émotions de quelqu’un qui, à trop vouloir profiter de la vie, s’est brûlé les ailes. Une oeuvre dense, poétique et excessive parfois, qui traite sans détour et sans fausse pudeur des ravages du sida. Un film à voir et à revoir.


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