Les longs-métrages > Qui a peur de Vagina Wolf ? (Who’s afraid of Vagina Wolf?)

  • Réalisé par : Anna Margarita Albelo
  • USA / 2013 / Comédie / Anglais sous titré français / 83 min
  • Cinéma Le France, Séance du dimanche 1er décembre 2003 à 13h15

AVANT-PREMIERE

Synopsis : Le jour de ses 40 ans, Anna décide que sa vie doit changer ! Jet-setteuse excentrique et artiste iconoclaste, elle vit aujourd’hui dans le garage d’une amie à Los Angeles. Sa carrière de cinéaste est en panne sèche et sa vie sentimentale inexistante. Quelque chose doit changer … Maintenant !

C’est la rencontre avec la belle Katia qui va pousser Anna à réaliser ses rêves les plus fous :
Trouver l’amour, perdre 20kg et réaliser un remake underground lesbien de « Who’s afraid of Virginia Woolf ? »

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La biographie de Anna Margarita ALBELO

Née à Miami dans une famille d’origine cubaine, Anna Margarita ALBELO a fait ses études à universitaires en Floride, avant de partir pour l’Europe où, grâce à une bourse, elle complète son cursus par une école de cinéma à Londres. Depuis 1993, elle vit et elle travaille à Paris. Réalisatrice, vidéaste, journaliste, elle mêle avec humour les domaines de la narration, de l’expérimentation, du documentaire et du clip. Son travail de cinéaste est déjà remarqué, il a été montré et récompensé dans une trentaine de festivals dans le monde.

Anna collabore régulièrement à Canal Plus en France : elle a écrit et mis en scène trois documentaires originaux (dont Week-end à Palm Spring, célébré dans de nombreux festivals), et un court-métrage de fiction, « La Dinde » – avec la chanteuse SHEILA (Local Films, 2008).

Avec le projet The Papaya Factory, Anna a participé au programme « All Access » du festival de Tribeca, à New York, qui soutient le développement de projets de long-métrages de fiction indépendants issus des minorités.

Qui a peur de Vagina Wolf ? (Anna Margarita Albelo, 2013) : lesbienne, 40 ans, toujours paumée
GASPARD GRANAUD 17 OCTOBRE 2013

Anna (Anna Margarita Albelo) a 40 ans, toujours pas de copine et une vie professionnelle sans perspectives. Après un petit succès grâce à l’un de ses courts-métrages quelques années auparavant, la réalisatrice peine à mettre en chantier un nouveau projet. Elle se complaît dans sa vie d’ado attardée, passe son temps à rêver et faire la fête. Et dort dans le garage d’une amie qui commence à en avoir un peu marre. Alors qu’elle se rend à une soirée où elle effectue un show ,déguisée en vagin géant, elle croise le regard de Katia (Janina Gavankar), brune très sexy dont elle ose à peine espérer qu’elle puisse avoir une chance avec elle. La jeune femme engage la conversation et dit aimer ses performances et ses vidéos. C’est alors l’heure du déclic pour l’éternelle party girl : c’est décidé, elle va écrire un nouveau film et donner le premier rôle à Katia ! Une façon détournée de la draguer. Pleine d’énergie, Anna écrit très vite son scénario, un remake lesbien parodique de Qui a peur de Virginia Woolf ? et parvient à constituer une équipe bénévole pour le tourner dans le salon de l’appartement de l’amie chez qui elle squatte. Pour son casting, elle décide de se mettre elle-même en scène, avec Katia, et fait participer deux amies, la bitchy Penelope (Guinevre Turner) et l’introvertie Chloe (Carrie Preston). Le projet du film est toutefois rapidement parasité par les états d’âmes personnels d’Anna qui commence à sentir que Katia n’est pas très attirée par elle…

 Avec Qui a peur de Vagina Wolf ?, Anna Margarita Albelo signe une comédie lesbienne et girly pleine de situations cocasses (comme ce costume de vagin géant que porte l’héroïne en ouverture) et à la bonne humeur communicative. Avec peu de moyens, la réalisatrice signe une œuvre très colorée, pop et fleur bleue tout en dressant le portrait d’une cinéaste underground célibataire de 40 ans. Difficile de résister au charme d’Anna, avec ses lunettes sans verres, sa bouille de gamine, son cœur de midinette. Un personnage très attachant qui refuse de voir la réalité en face. Car si on aurait vite fait de la plaindre, on finit par comprendre que si Anna souffre tant en amour c’est qu’elle en est en partie responsable. Dès que quelqu’un de bien se présente à elle, elle prend la fuite, préférant fantasmer sur des filles sexy et inaccessibles qui finissent toujours par lui briser le cœur et l’égo. Heureusement pour elle, sa copine un peu garce, Penelope (géniale Guinevre Turner déjà vue dans The owls ou The L word), ne va pas mâcher ses mots pour lui faire réaliser qu’il est temps qu’elle grandisse un peu…

Outre le portrait de l’éternelle femme enfant / célibataire, le film est aussi une déclaration d’amour au cinéma, à ceux qui osent prendre le risque de faire carrière dans un monde où tout est aléatoire et où l’on peut très vite passer du statut de promesse à celui de raté(e). Anna Margarita Albelo capte quelque chose de cette énergie incroyable qui peut régner sur un plateau, montre tous ces gens passionnés qui acceptent de travailler sans être payés, pour l’amour de l’art… L’humour est très présent et assure le divertissement de cette comédie généreuse et doucement décalée, dont l’écriture évoque celle des soaps américains. La réalisatrice y a à l’évidence mis beaucoup d’elle-même et cela contribue à rendre on ne peut plus sympathique ce film sincère et léger, tout en nous rappelant de bien ouvrir les yeux : s’il est important de rêver, il faut aussi parfois savoir voir la beauté du réel qui nous entoure plutôt que de se laisser happer par des mirages…

Fugues.com
Original et hilarant
Par : Julie Vaillancourt [23-10-2013]

  À l’image de son titre, le premier long-métrage de fiction de la réalisatrice Anna Margarita Albelo est original et hilarant. Si certains pourraient à priori s’y méprendre, puisque le titre semble évoquer un «porno lesbien», le film a tous les ingrédients d’une comédie romantique lesbienne indépendante américaine.

Dès les premières images, le ton est lancé : Ana célèbre ses 40 ans, avec ses amies lesbiennes, dans une maison privée de LA. La référence aux chic lesbiennes de l’émission L Word s’arrête ici. Anna, arbore un costume de vagin. Le vagin marchant qu’est cette femme, titube de par l’alcool et recueille, par le biais d’adresses à la caméra, les réflexions de ses amies lesbiennes sur leurs relations amoureuses. Anna (interprétée par la réalisatrice Anna Margarita Albelo), en cette journée de célébration de ses 40 ans, renouvelle ses résolutions; 1) réaliser un film, 2) perdre 20 livres et 3) se trouver une petite amie. Les prémisses de Who’s Afraid of Vagina Wolf ? sont lancées…

Le traitement du film est particulièrement intéressant au niveau de la mise en abîme, soit le tournage d’un film dans un film par la réalisatrice, elle-même actrice principale. Ceci donne lieu à une narration à la première personne, non pas lassante, mais à saveur humoristique. Ana décrit son parcours, souvent laborieux, mais toujours de façon cocasse. Une artiste, une femme atypique, voire une antihéroïne des plus sympathiques. Celle qui vit dans le garage d’une amie (au grand désarroi de celle-ci), prend la liberté d’y tourner son film, intitulé Who’s Afraid of Vagina Wolf ?

 Le film d’Ana se veut une version «lesbienne» de la célèbre pièce de théâtre Who’s afraid of Virginia Wolf? adaptée au cinéma par Mike Nichols, en 1962, mettant en vedette Élisabeth Taylor et Richard Burton. La pièce (et le film) met en scène le couple formé de Georges et Martha, puis un couple d’amis hétéro venant prendre un verre à la maison. Blessures, excès verbaux et jeux cruels s’en suivent. Ainsi, dans Who’s Afraid of Vagina Wolf ? une transposition des rôles de la pièce originale aura lieu (tous les rôles sont interprétés par des femmes, même les rôles masculins); le jeu psychologique cruel de la pièce originale prendra la forme d’une improvisation «non mixte» ayant pour titre «faisons le procès de la vie d’Ana». Ainsi, Ana, qui réalise le film et qui y joue le rôle de Georges, verra ses torts exposés à l’écran, ironiquement, dans son propre film.

Le tournage du film deviendra vite un prétexte pour Ana, de séduire la belle Katia (Janina Gavankar, Papi dans la série The L Word), et ce, sous les yeux de sa séduisante camérawoman (Agnès Olech) qui a un œil sur Ana. Mais Ana saura-t-elle faire le bon choix? Saura-t-elle accomplir une de ses trois résolutions?
Gagnant du prix du public de la meilleure comédie au plus récent Festival international du film gai et lesbien de Philadelphie, Who’s Afraid of Vagina Wolf? offre des interprétations hilarantes et attachantes : Guinevere Turner (film lesbien Go Fish et The L Word) est particulièrement drôle, au même titre que Carrie Preston (Arlene Fowler dans la série True Blood). Si Who’s Afraid of Vagina Wolf ? est le premier long-métrage de fiction d’Anna Margarita Albelo, aussi journaliste et activiste, la réalisatrice américaine d’origine Cubaine, a jadis été primé pour ses courts métrages, notamment avec The Turky à la semaine de la critique du Festival de Cannes, en 2008. De plus, son long-métrage documentaire Hooters! fut récipiendaire du Centerpiece Award au Queer Black Cinema Film Festival de Harlem en 2010. De plus, Ana Margarita Albelo a réalisé, pour la chaine de télévision française Canal Plus, de nombreux documentaires sur la culture gaie et lesbienne de Cuba, Palm Spring et Los Angeles.

 

par Gregory Coutaut

Le jour de ses 40 ans, Anna décide que sa vie doit changer ! Jet-setteuse excentrique et artiste iconoclaste, elle vit aujourd’hui dans le garage d’une amie à Los Angeles. Sa carrière de cinéaste est en panne sèche et sa vie sentimentale inexistante. Quelque chose doit changer… Maintenant ! C’est la rencontre avec la belle Katia qui va pousser Anna à réaliser ses rêves les plus fous : trouver l’amour, perdre 20 kg et réaliser un remake underground lesbien de « Who’s afraid of Virginia Woolf ? »

LA CHATTE SOUS UN TOIT BRULANT

A l’origine de Qui a peur de Vagina Wolf, il y a d’abord la personnalité haute en couleur de sa réalisatrice, Anna Margarita Albelo. Auteur de plusieurs court-métrages (dont un avec Sheila !) et de documentaires aux noms fantastiques (A lez in Wonderland, rebaptisé en français… Broute-minou à Palm Springs), avec un pied dans le queer décomplexé, un pied dans le do it yourself (elle est également DJ sous le pseudo « La Chocha » – c’est-à-dire « La Chatte »), et les deux en plein dans la cinéphilie. Elle joue ici également le rôle principal, rôle quasi autobiographique de réalisatrice gentiment loseuse et larguée, cherchant à tourner un long-métrage avec trois bouts de ficelle dans son mini garage, enchainant les cocktails dans son costume de vagin géant.

 Et puis il y a bien sûr Qui a peur de Virginia Woolf ?, la pièce choc d’Edward Albee, et sa fameuse adaptation oscarisée avec Elizabeth Taylor et Richard Burton. Une pièce déjà pas banale : huis-clos étouffant montrant la relation acide et cinglante chez un vieux couple à la fois pathétique et flamboyant. Il a souvent été dit de la pièce d’Albee qu’elle était déjà à la base (comprendre : même sans Elizabeth Taylor) éminemment camp, et ce même si elle ne comporte aucun personnage homosexuel. Cette dimension réside dans le personnage clé de Martha, vieille diva alcoolique et vulgaire dont on peut légitimement se demander sur le papier s’il ne s’agit pas franchement d’un homme travesti. Anna Margarita Albelo a déjà sans doute bien digéré tout cela, car elle rajoute même une couche queer en s’imaginant réaliser une version lesbienne de cette histoire, où tous les personnages (mêmes masculins) sont joués par des femmes, à leur tour habillées en hommes. Tout ceci est bien entendu le meilleur pitch de film du monde, avec celui de Sharknado.

 Des références camp, il y en a ici à la pelle et elles sont souvent hilarantes, de Yentl aux Indigo Girls en passant par Divine. Mais Qui a peur de Vagina Wolf ne tourne pas uniquement autour de ce film-dans-le-film. A la fois autoportrait déformant et tendre de sa réalisatrice dans sa première partie puis romance contrariée dans sa deuxième, Qui a peur… pioche un peu partout (dans le soap-opéra, la comédie romantique, les comédies indé-névrosées) et mélange les registres, passant du parodique à l’émotion. Le résultat manque parfois de fluidité, le dénouement un peu convenu perdant notamment de la folie douce du début, mais Anna Margarita Albelo emporte la mise grâce à sa personnalité attachante et explosive, qui fait tout le sel de cette comédie.


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