Les longs-métrages > Romeos

  • Réalisé par : Sabine Bernardi
  • Avec : Rick Okon Maximilian Befort Liv Lisa Fries
  • Allemagne / octobre 2011 Festival Polychrome Nice / Comédie dramatique / Allemand sous-titré en Français (par l'ARC-LGBT) / 94 minutes

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Synopsis

Lukas, 20 ans, est au plein milieu de sa transition. Plein d’enthousiasme pour la vie, il arrive à Cologne pour son service volontaire et il est le seul garçon logé avec les filles. Être transgenre, c’est toujours se retrouver pris au piège d’une injustice sociale. Sa meilleure amie, Ine, fréquente la scène homosexuelle de Cologne où elle est très bien intégrée. Lukas va y rencontrer l’effronté et téméraire Fabio. Fabio incarne tout ce que Lukas n’a pas, succès et confiance en soi. L’attraction entre les deux garçons se développe jusqu’à ce que Fabio accède au secret de l’identité de Lukas…
Romeos - Maximilian Befort, Rick Okon Sabine BernardiRécompenses :
Déjà remarqué à la Berlinale, «Romeos» repart avec la récompense suprême du festival de films LGBT parisien, marqué cette année par une sélection de haute volée et une belle présence française.Romeos - Maximilian Befort, Rick Okon Sabine Bernardi
Le film allemand Romeos a reçu dimanche le Grand Prix au 17ème festival de films gays, lesbien et trans Chéries-Chéris 2011, qui se déroulait au Forum des Images de Paris depuis 7 octobre. Un prix mérité pour cette histoire d’amour forte et touchante entre un rebelle et un trans en plein milieu de sa transition «female to male».

Critiques :

Abus de cinéUn film sensuel qui n’évite pas les clichés.
Découvert dans la section Panorama du Festival de Berlin 2011, « Romeos » est un film gay allemand, reparti bredouille des Teddy awards. Comme tout film militant, il pèche par excès de démonstration (les témoignages internet des difficultés rencontrées par les semblables de Lukas, l’engueulade dans l’ascenseur, le message « keep fighting » d’une amie…), défendant notamment l’idée que le trouble du genre est une chose complètement séparée du fait d’être homosexuel ou hétérosexuel. Le summum est d’ailleurs certainement atteint en terme de sur-signifiance, lors de la chanson de la travestie.Romeos - Maximilian Befort, Rick Okon Sabine Bernardi
Incapable de sortir réellement de son aspect journal intime, le film accumule les clichés, de la blonde pétasse façon Paris Hilton, aux plans de liberté dans les dunes, en passant par la représentation du milieu gay.

Étrangement pour une fois, les scènes en boîte de nuit (stroboscopes et lumières blanches à l’appui) n’ont rien de joyeux ni d’érotique. Cependant, le film transpire littéralement de sensualité, l’acteur interprétant Fabio, bombe sexuelle ayant le diable au corps, étant remarquablement mis en valeur par la mise en scène au raz des corps (et des nuques) pourtant due à une réalisatrice.
Olivier Bachelard

ugmcPremier film de Sabine Bernardi originaire de Cologne, ROMEOS met en scène la transsexualité d’un jeune adulte dont le désir est d’être reconnu comme un individu masculin alors qu’il est en pleine transformation. Sous testostérone, Miriam devient peu à peu Lukas ou plus justement Lukas prend vie. Il cache son passé à tous car il lui semble important de sceller les rencontres sous le seau de sa nouvelle identité, de l’identité qu’il construit à son image. Une image à laquelle il tend. Une image à laquelle il tient.
Les intentions de la réalisatrice sont justes. Et si la jeune femme sombre ponctuellement dans le pathos, elle s’appuie sur un scénario intelligent qui aborde de nombreux enjeux et beaucoup des interrogations liés à la question de la transsexualité – pilosité, rejet, incompréhension, masturbation, désir… Plus encore elle fond cette hypothèse au sein d’un questionnement sur les orientations sexuelles et leur acceptation, qu’elle soie active ou passive. Le film tend également à une certaine universalité car divers témoignages viennent donner du volume à l’histoire de Lukas. Lorsque le protagoniste dialogue par webcam interposée avec d’autres transsexuels ou lorsqu’il fait des recherches sur la question, le pluriel de ROMEOS prend un premier sens. L’autre est à trouver dans la rencontre effective, dans la naissance d’une histoire d’amour.

Romeos Maximilian Befort, Rick Okon Sabine Bernardi
Foto: Martin Menke

popfilmRomeos est un portrait de jeune transsexuel, sensible et moderne. Le fait que les acteurs soient tous des post-adolescents apporte un vent de fraîcheur à une thématique souvent traitée avec un certain pathos. Ici, si le parcours de Lukas est semé d’embuches, de craintes, il peut néanmoins compter sur quelques alliés : sa meilleure amie Ine (que l’on devine légèrement amoureuse de lui) ou la femme de la résidence dans laquelle il loge avec d’autres jeunes qui fait son maximum pour que, malgré son prénom féminin, il puisse rejoindre le côté des garçons. Régulièrement, le jeune homme témoigne, échange, trouve du réconfort sur des forums Internet où des ados en transition comme lui postent vidéos et commentaires. Forcément, son chemin vers la masculinité n’est pas aisé. Maintenant que tout le monde peut le prendre pour un garçon, cela peut créer des malentendus…
Lorsque le serial fucker Fabio craque pour lui et commence à le chauffer, Lukas est plus que perturbé. Le latino finira par découvrir la vérité et aura besoin de temps pour digérer la nouvelle. Il n’est déjà pas facile pour lui d’assumer son homosexualité, alors assumer son attirance pour un trans…Aux problèmes habituels de la jeunesse (perpétuelle quête identitaire, déconvenues sentimentales) s’ajoute ici le parcours émouvant et délicat d’un garçon en devenir.Même si aujourd’hui les jeunes trans peuvent parfois avoir la chance d’être épaulés dans leur reconstruction identitaire, la phase de transition reste pénible, isole, pousse au mensonge. Entre une très belle histoire d’amitié (avec le personnage d’Ine) et un amour naissant au-delà des différences filmé avec beaucoup de sensualité (impossible de ne pas fondre devant le très hot et faussement macho Fabio et son regard tantôt perdu tantôt amoureux), Romeos se révèle être un film diablement juste, sexy et attachant. A découvrir.
Gaspard Granaud


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