Les longs-métrages > Two Mothers (Zwei Mütter)

  • Réalisé par : Anne Zohra Berrached
  • Allemagne / Fiction / Allemand sous titré français / 75min
  • Samedi 30 novembre 15h00 Cinéma Le France

 AVANT-PREMIERE

Synopsis : Lorsqu’Isabelle et Katja décident d’avoir un enfant, elles sont loin de se douter des difficultés qui les attendent : la plupart des cliniques de procréation médicalement assistée refusent de traiter les couples homosexuels. Après des mois de tentatives coûteuses, elles décident de se détourner des procédures classiques ; commence alors le casting atypique d’un donneur potentiel.

Cette fiction, basée sur de nombreux témoignages, relate avec l’acuité d’un documentaire, le parcours du combattant des couples de même sexe désireux de fonder une famille. Mais DEUX MÈRES va au-delà de la thématique homoparentale pour traiter celle du désir obsessionnel de maternité.

> La fiche complète du film au format pdf 

La biblographie d’Anne Zohra Berrached

Anne Zohra Berrached est née à Erfurt, en Thuringe, d’une mère prothésiste dentaire et d’un père propriétaire d’un restaurant algérien. Après avoir obtenu un diplôme en éducation sociale à Francfort, elle a travaillé pendant deux ans en tant que professeur d’art dramatique à Londres. Sa famille a passé plusieurs mois à Madrid, en Espagne et à Yaoundé, au Cameroun avant qu’elle a travaillé à Berlin en tant qu’assistante de régie au théâtre Hansa et au Ballhaus Ost.

Après un stage en tant qu’assistante de production d’une série télévisée « NACHT TAXE BERLIN » (les taxes de nuit de Berlin), elle a fait son premier court-métrage. BRISER LE CLOWN a été diffusé sur WDR et lui a permis d’intégrer l’école de cinéma. Depuis 2009, Anne Zohra Berrached étudie la réalisation à l’Académie du Film de Bade-Wurtemberg. Ses courts-métrages de fiction et documentaires seront projetés lors de festivals ainsi qu’à l’étranger.

Deux mères, son premier long métrage de fiction, a été construit dans la troisième année d’études à l’Académie du cinéma en 2013. Son film est nominé pour le prix indépendant «Dialogue en perspective» avec l’OFAJ, à l’issue de la 63e édition du Festival International du Film de Berlin.

Prix OFAJ « Dialogue en perspective »
OFAJ – Office franco-allemand pour la Jeunesse
16/02/2013 08:05:00

À l’issue de la 63ème édition du Festival International du Film de Berlin, le prix indépendant « Prix OFAJ Dialogue en perspective » a été remis samedi 16 février par un jeune jury franco-germano-portugais à « Zwei Mütter » (Deux mères) de Anne Zohra Berrached. Doté de 5000euros, la récompense est décernée depuis 2004 par l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) et la section Perspective Deutsches Kino.

Constitué de trois Français, trois Allemands et un Portugais, âgés de 19 à 28 ans, et présidé par la réalisatrice franco-germano-iranienne Emily Atef, le jury a visionné les onze films de la section Perspective Deutsches Kino mettant en avant les premiers films de jeunes réalisateurs allemands.

Le long-métrage d’Anne Zohra Berrached « Zwei Mütter » a convaincu le jury tant par son esthétique et son travail sur la forme, que par sa sincérité et la profondeur de son contenu. Grâce à un travail photographique sur les couleurs et à l’authenticité du jeu des deux actrices principales, le film parvient avec beaucoup de délicatesse à traiter d’un thème politique, sans pour autant chercher à être militant.

L’excellente direction des nombreux acteurs non-professionnels permet au film de dresser le portrait convaincant d’une relation amoureuse complexe entre deux femmes aspirant à une vie de couple et de famille. En trouvant l’équilibre entre une démarche documentaire et la construction d’une fiction, la réalisatrice parvient de manière très intelligente à ouvrir de nouvelles perspectives où les deux formes trouvent leur place et se conjuguent parfaitement.

Le « Prix OFAJ Dialogue en perspective » favorise la diffusion du film lauréat en France grâce à une aide au sous-titrage et permet également, chaque année, à de jeunes cinéastes de plonger dans le monde du 7ème art à travers des rencontres, des débats et des échanges. Pour l’OFAJ, cette opération encourage le dialogue cinématographique entre jeunes de part et d’autre du Rhin et facilite l’accès au cinéma allemand.

Lors de l’édition 2012 c’est le film « This ain’t California » de Marten Persiel qui avait été primé. On retient des éditions antérieures, des films comme « Prinzessinnenbad » de Bettina Blümner (2007), « Lebendkontrolle » de Florian Schewe (2010) et « Die Ausbildung » de Dirk Lütter (2011) qui ont connu un franc succès en Allemagne. Il y a fort à parier que « Zwei Mütter » connaisse le même destin.

Familles arc-en-ciel NRW
Entretien avec la réalisatrice de « Two Mothers », Anne Zohra Berrached
http://www.regenbogenfamilien-nrw.de/

Le film « Deux mères » du réalisateur et scénariste Anne Zohra Berrached montre les problèmes d’un couple de lesbiennes pour bénéficier d’une procréation médicalement assistée.

Le film s’intéresse à la relation entre les deux femmes qui cherchent à avoir un enfant. La première mondiale a eu lieu le 63 Festival international du film de Berlin.

NRW : Mme Berrached, dans votre film vous décrivez la difficulté d’un couple de lesbiennes pour fonder leur famille. Le film s’adresse à un large public. C’est d’actualité ?

Anne Zohra Berrached : un tel film était attendu depuis longtemps. Lorsqu’on parle en Allemagne de l’autorisation pour les homosexuels de se marier, je pensais que cela voulait dire les mêmes droits pour tous. Il était important pour moi de montrer que les couples homosexuels ne sont pas traités comme les autres ; notamment ces deux femmes en couple se voient refuser l’accès à l’insémination.

NRW : votre film est associé à un documentaire malgré des éléments de fiction. Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette hybridation ?

Anne Zohra Berrached : Avec « deux mères », j’ai travaillé à la fois le documentaire et la fiction : j’ai observé le monde réel et ses habitants, en superposant un script. J’ai trouvé la recherche sur « deux mères » tellement excitante que je voulais entrer dans la réalité du film. J’ai écrit un scénario à partir de l’expérience des rapports de quatre couples de lesbiennes qui ont des enfants. Le résultat est un collage de la recherche, des statistiques, des faits et des prévisions, des attentes et des réalités.

NRW : Comment vous est venue l’idée de ce film?

Anne Zohra Berrached : il ya environ deux ans, j’ai trouvé une annonce dans le journal, dans lequel un homme vendait son sperme. Sur Internet, j’ai réalisé que beaucoup de femmes lesbiennes en Allemagne ont un enfant par un spermatozoïde engagé à l’étranger. J’ai finalement pris contact avec les onze banques de semences en Allemagne. C’est alors seulement que j’ai compris ce qui se passe réellement sur l’Allemagne, avec les difficultés qui surgissent quand un couple de lesbiennes veut avoir un enfant.

NRW : Dans votre film, seul le couple de femmes est joué par deux actrices. Toutes les autres personnes ont témoigné de leur histoire. Comment et qui avez vous contacté?

Anne Zohra Berrached : Parallèlement aux discussions avec les donneurs de sperme, les médecins et le personnel des banques de semences, je cherchais, entre autre, par la Fédération des gays et lesbiennes, d’être mis en contact avec ces couples de femme. Enfin, j’ai rencontré plusieurs couples qui ont parlé ouvertement de leurs difficultés à tomber enceinte pour un couple de lesbiennes. Toutes ces histoires des femmes, je les ai ensuite fusionnées en une seule.

NRW : Est-ce que les réunions étaient problématiques?

Anne Zohra Berrached : Avec ces couples de femmes, les discussions étaient simples. Mais elles savaient aussi qu’elles seraient jouées dans le film par des actrices, leur histoire n’étant qu’une partie de l’histoire du film. Il fut plus difficile de trouver un donneur de sperme qui accepte de se montrer à la caméra, se jouant lui-même. Il était important que toutes les personnes, sauf les personnages principaux soient de vraies personnes, avec de vraies histoires. Si dans « deux mères », un donneur de sperme dit qu’il préfère la « méthode naturelle », c’est qu’il veut faire l’amour, alors c’est vraiment vrai.

NRW : Que doit se passer chez les spectateurs, après avoir vu votre film ?

Anne Zohra Berrached : « Deux mères » raconte une histoire autour d’un problème important de société, mais il raconte aussi l’histoire d’un couple, d’une relation et d’un amour qui se brise peu à peu au fil des circonstances. Chacun devrait avoir la liberté de choisir dans quel environnement ils vivent et s’ils veulent avoir des enfants.

NRW : Quel genre de réactions y a-t-il eu au film ?

Anne Zohra Berrached : « Deux mères » a été présenté en Février 2013 à la Berlinale. Il y avait beaucoup de journalistes et j’ai donné de nombreuses interviews. Il y avait presque exclusivement des commentaires positifs, ce qui je pense secrètement un peu dommage. J’aurais bien aimé avoir un peu plus de débat. Néanmoins, mon équipe et moi-même sommes heureux de l’intérêt porté par ce sujet et ce film important.

NRW : Avez-vous reçu des commentaires de personnes concernées? Ont-ils senti la situation représentés de manière adéquate?

Anne Zohra Berrached : Deux couples de femmes étaient à la Berlinale, elles ont été totalement ravies. «Deux mères» a d’abord été présenté à un public purement lesbien, j’étais un peu nerveuse. Mais les couples de femmes au  L-Beach Festival, où on nous a présenté il ya quelques semaines, ont pris le film de manière très positive. .Après les projections, cela a  toujours beaucoup stimulé l’envie de discussions et d’échanges. Beaucoup de femmes ont des situations similaires décrites dans le film.

NRW : Combien de temps a-t-il fallu pour préparer le film?

Anne Zohra Berrached : J’ai tâtonné sur le sujet et il a fallu un ou deux ans pour aboutir au film.

NRW : Comment a été financé le film?

Anne Zohra Berrached : Le film a été tourné dans ma troisième année de l’Académie du film de Bade-Wurtemberg. La mission consistait à créer un court-métrage documentaire. Mais j’ai voulu faire un long métrage dramatique et j’ai bien sûr eu des problèmes avec l’argent mis à ma disposition par l’école. Mais mon équipe et moi avons décidé de faire face à cette difficulté en réduisant les coûts pour travailler, mais et en nous encourageant dans notre créativité et notre flexibilité. Par exemple, nous avons filmé entièrement sans lumière. Et cela a fonctionné. Une règle a également été imposée d’improviser le dialogue sur le plateau. Ce qui est particulier au film et qui le rend si réaliste. Karina Plachetka et Sabine Wolf ont une mention d’honneur au festival « Sehnsüchte Festival » de Berlin pour sa performance dramatique exceptionnelle.

NRW : Merci d’avoir porté ce sujet très important pour beaucoup de femmes lesbiennes avec votre film. ….

 

 


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